1910 -19 JUILLET- 2014, 104ÈME ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE L'ÉCRIVAIN FRANCISCO COLOANE.

jeudi 31 décembre 2009

CHRONOLOGIE DE LA VIE DE FRANCISCO COLOANE

PEINTURE FRANCISCO COLOANE


1910 : Il est né le 19 juillet à Quemchi, port de l’île de Chiloé, au sud du Chili. Ses parents sont M. Juan Agustin Coloane, capitaine de bateaux baleiniers, et Mme Humiliana Cardenas. Son père avait été auparavant chasseur de baleines et chasseur de loups de mer.

1916 : Il commence ses études primaires à l’école rurale de Huite (Chiloé).

1918 : Il entre à l’école de Quemchi, où il finit ses études primaires en 1920.

1921 : Il prépare la première année de «Humanidades» (cinquième) dans le Séminaire d’Ancud.

FRANCISCO COLOANE JEUNE
1923 : En juillet de cette année, il part habiter à Punta Arenas, ville de l’extrême sud chilien où il continue ses études à l’école San José de la congrégation Salésienne, puis au Lycée de Punta Arenas.
Il y fait des rencontres très importantes comme M. Roque Esteban Scarpa, José Grimaldi, Simon Eterovic et Franco Brzovic, qui feront partie plus tard de la vie littéraire chilienne.

1924 : Francisco Coloane était avant tout un journaliste, il écrit ses premières nouvelles par nécessité économique, puisque les honoraires du métier ne lui permettaient pas de mener un train de vie élevé, bien au contraire.

Il se lance dans le journalisme à l’âge de 14 ans. A Punta Arenas, il s'occupait des deux pages intitulées «Semanario Teatral» (Hebdomadaire Théâtral). Il y faisait un inventaire des films et des activités théâtrales, plutôt infimes, dans une ville situé au bout du monde. Son seul salaire : les tickets pour le cinéma que lui donnait le manager italien M. Roméo Mationi, propriétaire de deux salles de cinéma de la ville de Punta Arenas.

1926 : A seize ans son travail littéraire commence, Coloane était en troisième au Lycée de Punta Arenas. La ville de Punta Arenas a organisé un concours de littérature à l’occasion des fêtes du Printemps. A la demande de son professeur, il écrit un récit pour y participer. Il a tout simplement appelé ce récit «Printemps». Il a reçu le premier prix.

Cette rédaction a été publiée, la même année dans «La Revista Austral» de Magallanes.

1927 : Sa mère décède. Il arrête ses études.

1928 : En mars, il fait son service militaire dans le Régiment N°17 à Punta Arenas

1928 : En novembre sa première nouvelle, «La Mirada del indio» ("Le regard de l’indien"), est publiée dans La Revista Austral.


EN TERRE DU FEU  EN 1929
1929 : Il finit son service militaire d’où il sort avec le grade de Sergent premier de réserve en mars de cette année.
Sa première expérience dans le journalisme ne l’a pas transformé en un professionnel de la presse. Il a dû chercher d’autres moyens pour gagner sa vie.

Il est engagé par la société Sara Braun, pour travailler comme apprenti à l’estancia Sara, dans la côte orientale de la Terre du Feu, en territoire Argentin. Il travaille à cet endroit pendant une année en faisant le travail d’éleveur de moutons, d’ouvrier agricole et finalement, celui de contremaître.

Il a travaillé aussi comme dompteur de chevaux, travail qui lui a permis de connaître à fond la vie des indigènes de l’extrême sud chilien. Il continuera après en revêtant l’uniforme de «cabo premier» de la Marine Chilienne, chargé du remorqueur «El Intrépido» qui s’occupait du ravitaillement de navires dans la région de Magallanes.

De telles occupations n’ont pas découragé sa vocation de chroniqueur. Il réussi à convaincre le directeur du journal «El Magallanes» qu’il fallait faire des chroniques sur les faits divers de la ville. Il travaille quelques mois comme rédacteur au journal. Il écrivait une colonne intitulée «Desde el miranete», qu’il signait avec le pseudonyme de «Hugo del mar» (Hugo de la mer).

1930 : En septembre de cette année, il part cap la capitale avec un rêve, travailler dans l’un de journaux qui arrivaient à Punta Arenas, «El Mercurio».

Il ne connaissait personne à Santiago. Le lendemain de son arrivée il lit dans la rubrique «Offre d’emploi» du journal «El Mercurio», une annonce de la Compagnie de Gaz et des luminaires qui cherchait des jeunes costauds pour la vente de charbon «Coke». Il a été tout de suite pris grâce à sa taille. Il chargeait les sacs de charbon à travers les rues afin d’économiser l’argent que la l’entreprise lui donnait pour les frais de transport.

Il rencontre un chroniqueur du journal «La Nación», José Bosch. Un jour, ce dernier lui rend visite dans la pension, le trouve malade et sans argent pour l'achat de médicaments. Il lui conseille d’écrire un conte sur la ville de Magallanes pour le faire parvenir à un ami qui travaille au journal «El Mercurio», il pourrait ainsi obtenir 250 pesos. Coloane suivit son conseil. Au bout de quelques heures il avait écrit la nouvelle «Lobo de un Pelo». La nouvelle fut publiée peu de jours après avec de belles illustrations d’un dessinateur talentueux. Ce récit est connu aujourd’hui avec le nom de Cabo de Hornos.


FRANCISCO COLOANE PHOTO LOUIS MONIER
José Bosch lui a proposé de travailler comme reporter. Naguère le métier de journaliste n’était pas assujetti à de titres universitaires. Le journalisme était une profession mal payée qui convenait très bien à des écrivains, de poètes ou à des étudiantes fauchés.

Coloane est accueilli à l’essaie à « Las Ultimas Noticias» comme chroniqueur policier. Son premier reportage en tant que chroniqueur policier il l’a fait en tant que cadavre ! Le chef de chronique l’a envoyé faire le reportage d’un crime dans la banlieue de Santiago, il fallait faire des photos du cadavre. Lorsqu’il est arrivé sur le terrain le cadavre avait été déjà emporté. Que faire ? Il fallait absolument des photos pour son premier reportage. Il a alors improvisé. Il s’est allongé sur l’herbe avec son manteau au revers. Le lendemain la photo apparu au journal était la sienne. Grâce à cet artifice il a pu continuer à faire de chroniques de fait divers.

Il fait la rencontre de Luis Enrique Délano écrivain qui occupe les mêmes fonctions que lui au sein du journal.

La même année, il este présenté à l’acteur et metteur en scène, M. Enrique Barrenechea, il participe dans sa troupe comme acteur dans les représentations de la pièce «Arbol Viejo» (L’arbre vieux) au théâtre «La Comedia», pièce d’Acevedo Hernandez, avec Eugenio Retes et Gerardo Grez ; Molino Bremen, de Carlos Barella et «Entre Pascua y Año nuevo» ; comédie d’Enrique Barrenechea.

1931 : Il quitte le journal et se joint à la troupe de théâtre argentine Rullan Torres, laquelle se dissout peu de temps après à Valparaiso. Coloane revient à Magallanes où il travaille comme teneur de livres et magasinier dans la Compagnie Européenne Foraki, entreprise faisant des explorations pétrolières dans la zone australe du Chili.

Il a travaillé après dans d’autres journaux tels que «La Nación», «El Mercurio», dans la revue «Zig-Zag», mais il n’y restait pas longtemps.

1932 : Il épouse Mlle Manuela Silva Bonnaud.

Il entre dans la Marine National, grâce à un concours, comme employé aux écritures. Il est affecté à la Station Navale de Magallanes.

1933 : Naissance de son fils Alejandro.

Le quinze septembre de la même année son récit «Perros, Caballos, Hommes» (Chiens, chevaux, hommes) est publié dans la revue «Lecturas» à Santiago.

En octobre dans l’exercice de ses fonctions il réalise un voyage de trois mois dans le navire école «Baquedano». Cette expérience a été d’une importance capitale pour l’élaboration de son premier roman pour la jeunesse «El Últimos Grumete de la Baquedano» («Le dernier mousse»).

1934 : Il devient adjoint du magasinier à la station navale de Magallanes.

1935 : Il quitte l’armée en se consacre à des activités commerciales.

1936 : Il revient à Santiago et s’engage à nouveau au journal «Las Últimas Noticias» comme chroniqueur.

1937 : Il retourne à Magallanes où il est désigné comme officier et puis secrétaire du Prud’hommes.

Il permute sa fonction avec un fonctionnaire du département d’Extension Culturelle du ministère du Travail à Santiago. Au même temps il est rédacteur de la revue Zig-Zag.

1939 : Il renonce à sa charge au Ministère du Travail pour se consacrer à la critique théâtrale et de ballet dans le journal «La Nación». Il deviendra chef de la section sport du journal «El Sol» et chef de chroniques du journal «Crítica».

1940 : Il entre dans les annales de la littérature chilienne en recevant le premier prix du concours de romans pour la jeunesse organisé par l’éditorial «Zig-Zag» et la Société d’Ecrivains du Chili, pour son roman «El último grumete de la Baquedano», ce roman va être publié l’année suivante.

1941 : Il devient inspecteur administratif du Département de Prévision sociale du Ministère de la Santé.

Cette même année il reçoit le premier prix du Concours Municipales du IV centenaire de la ville de Santiago du Chili pour son premier recueil de 14 nouvelles «Cabo de Hornos», publié dans le courant de l’année.

1945 : L’année est très prospère pour Francisco Coloane, trois de ses livres de genres différent ont été publiés : son recueil de quatre nouvelles «Golfo de Penas», son romans pour la jeunesse «Los conquistadores de la Antártica», romans qui reçoit le prix du Concours des éditions «Zig-Zag», ce romans es en quelque sorte une continuation du roman «El Último grumete de la Baquedano», et une pièce de théâtre en trois actes «La Tierra del Fuego se apaga» (La Terre du Feu s’éteint).

Peu à peu F. Coloane journaliste passe au deuxième plan au profit de F. Coloane écrivain. L’énorme succès de ses œuvres le transforme en l’une de principales figures de la «Génération du 38». Cependant, ni le journalisme ni la littérature ne lui permettaient de mener un train de vie honorable. Il doit chercher d’autres voies pour gagner sa vie sans abandonner pour autant sa machine à écrire.

1947 : Invité par la Marine Nationale, il participe, entre janvier et mars, à la première expédition Chilienne à l’Antarctique. Les observations que Coloane fait pendant ce voyage vont être utilisées par l’écrivain dans la deuxième partie de son roman «El Camino de la ballena» (Le chemin de la baleine).

1948 : Il est exonéré de son poste à la Superintendance de Sécurité Sociale suite à sa participation au sein du parti communiste. Il s’établit pendant plusieurs mois à Buenos Aires en Argentine, où il réalise des activités journalistiques et radiophoniques.

1949 : Il travaille dans le département de propagation de l’Institut Bactériologique de Santiago.

 FRANCISCO COLOANE PHOTO AUTEUR ANONYME ARCHIVE DE L'UNIVERSITE DU CHILI 1953 
1950 : Il exerce les fonctions d’éducateur sanitaire à la Direction Générale de Santé. Il deviendra ensuite chef de l’Imprimerie et Matériaux Audiovisuels au sein de cette Direction. Lorsque cette Direction fusionne au ministère National de Santé, Coloane occupe le poste de rédacteur de la revue et du bulletin du Ministère.

1956 : Il collabore dans la réalisation et participe en tant qu’acteur dans le film «Cabo de Hornos», dirigé par Tito Davison, dont le scénario appartient au mexicain Jesús Cardenas. Cette année son succès entant qu’écrivain de nouvelles est consolidé. Les éditions del Pacifico publient son recueil de huit récits «Tierra del Fuego».

1957 : On met en scène sa pièce de théâtre «La Tierra del Fuego se apaga».

Il reçoit le Prix Municipal de nouvelles pour son livre «Tierra del Fuego» et le prix annuel de Littérature de la Société d’écrivains du Chili, en avril.

1958 : En septembre, il voyage en l’ex-Union Soviétique. Pendant son séjour il écrit «Viaje al Este» (Voyage vers l’Est).

Au mois d’octobre il est invité, avec l’écrivain argentin Raul Gonzalez Tuñon, au Congrès d’écrivains d’Asie et Afrique qui se réalise en Tashkent. Il ne rentre au Chili qu’à la fin de cette année.

1959 : Il prend sa retraite au Ministère de la Santé.

Edition de «Viaje al Este»

FRANCISCO COLOANE ET SON FILS JUAN FRANCISCO BATIT SA MAISON A QUINTERO EN 1960

1960 : En juillet, invité par le gouvernement cubain, il assiste à la célébration du «26 juillet» à La Havane.
Il participe en tant que jury à la «Casa de las Américas» (Maison des Amériques).

1962 : Il voyage à la République Populaire de Chine engagé par le gouvernement de ce pays pour travailler dans la rédaction de la revue en espagnol «China reconstruye» (La Chine reconstruit).

Il réapparaît en tant que romancier, « El camino de la Ballena » (Le sillage de la baleine) est édité.

FRANCISCO COLOANE EN 1964
1964 : Il rentre au Chili en février.

Le 31 août, il reçoit le Prix National de Littérature (Chili)

Il prend sa retraite comme journaliste.

1968 : «El témpano de Kanasaka» est édité.

1996 : Pendant cette année il reste plusieurs mois en Europe, invité par l’ex République Démocratique Allemande. Pendant son séjour il écrit une importante collection d’articles-reportages sur ce pays socialiste, certains de ces articles ont été publiés au journal «El Siglo» et au journal «Noticias de ultima Hora», beaucoup d’autres de ces manuscrits ont disparus.


Il est élu Président de la Société des écrivains du Chili.

1967 : L’institut Chilien-Tchécoslovaquie édite la nouvelle «De como murio el chilote Otey», plus une critique du professeur Oldrich Bielic.

1969 : Il voyage en Bolivie envoyé par la Société d’écrivains du Chili, il participe dans de manifestations pour la liberté de Rédi Peyé, il s’engage pour les droits de l’homme.

À ROME EN 1979
1980 : Il devient membre de l’Académie chilienne de la Langue.

1982 : Il fait un séjour de huit semaines en Inde. Dans ce contexte il écrira deux libres : «Crónicas de India» (Chroniques d’Inde) et le roman «Rastros del Guanaco Blanco» (Traces de Guanaco blanc).

1985 : Il voyage en Equateur, il visite les Iles Galapagos, il publie une série de chroniques sur ces îles.

F. Coloane est toujours du côté de la justice sociale. Sa notoriété ne l’a pas sauvé de la censure. Il avait fait une anthologie Nérudienne qui fut réquisitionnée pendant la dictature du Général Pinochet.

A l’occasion de ses 85 ans plusieurs activités ont été organisées au Chili en son honneur. Ces commémorations culminent avec la publication d’un recueil de chroniques «Velero Anclado».

1995 – 1996 : Il voyage en France invité au festival d’écrivains de la mer à Saint-Malo.

Il travaille sur un recueil de naufrages et tempêtes.

1997 : En mai, il participe comme invité au festival de «Étonnant voyageur» à Saint-Malo.

Il reçoit la décoration de «Chevalier des arts et des lettres»
L’Ordre des Arts et des lettres

2000 : «Los pasos del hombre» (Le Passant du bout du monde) est édité.

2002 : Edition de «Naufragios» (Naufrages).

Il est mort le 05 août à 92 ans.

Carmen Paz Vasquez